Mad Puzzle

Vie quotidienne, états d'âmes, réactions sur l'actualité, le cinéma, vie de famille

20 novembre 2009

BOUGE TON CORPS SABRINA !

Je découvre une chaîne satellite arabe ("Hi") qui diffuse des clips musicaux, un vrai voyage...

Morceau choisi, la page musicale de 20H30 à 20H45. Après une chanteuse en robe moulante à paillettes, maquillée comme une figure de cire du Musée Grévin, tellement maquillée qu'on la croirait tatouée, avec en plus cette manie qui m'énerve de toutes ces nanas qui ont des extensions de ramener tous leurs cheveux vers l'avant [je les ai payés, faut les montrer], je fais la connaissance d'une célébrité inconnue. Un crooner oriental gominé comme jamais Elvis lui-même ne l'a été, chante sur une musique rythmée et devant un parterre de bimbos style "souk lybia" qui dansent allègrement, le cul serré dans des jeans qu'elles ont de toute évidence enfiler allongées. Afin que le spectateur ne rate rien de leur talent, elles ont bien sûr pris soin de rentrer leur haut dans le pantalon. Une constatation au passage, la danse du ventre ne fait pas perdre le ventre...

Elles se déhanchent, volontaires et souriantes, cheveux longs noirs raidis au brushing et maquillées comme les travelos du Quartier Rouge d'Amsterdam. Deux figures imposées semblent avoir un succès tout particulier auprès du réalisateur si on prend en compte le nombre de gros plans.

Première figure, celle de la "danse de l'empereur" : Afin de mettre en relief le bassin et ses ondulations frétillantes, les épaules sont basculées exagérément vers l'arrière, les bras tendus en retrait le long du corps, les jambes légèrement écartées pour assurer l'équilibre et les genoux fléchis. Plus rien ne bouge, seul le bassin s'exprime, sans grande élégance. C'est bien de la danse du ventre pas de la danse orientale.

Deuxième figure, celle du "séisme mammaire" : Le principe est le même que pour la première figure sauf que bien sûr la zone concernée n'est pas la même. La tête se fige, le cou est tendu, la bouche esquisse un sourire, les bras sont ballants et détendus, les jambes agrippent le sol, les pieds en canard (pas facile sur des talons hauts) et les épaules font des mouvements répétitifs d'aller-et-venue de l'avant vers l'arrière, ce qui permet aux généreuses poitrines d'exprimer tout leur "moelleux", fermes et souples comme de la gélatine.

USA/Arabia, la ressemblance est là : mêmes bimbos, mêmes culs moulés, mêmes maquillages, mêmes French manucures, mêmes harems, mêmes décors, même goûts de chiottes, à mon goût...

La chaîne joue la parité. Après les bimbos, un nouveau clip, un boy's band. Sur un wagon plate-forme d'un train de marchandise, une rangée d'hommes tous en tunique longue et turban blanc dansent en ligne sur une musique traditionnelle revisitée, le genre de truc qu'adorait ma mère et qui me gonflait. La danse repose sur un accessoire qui n'a rien d'accessoire d'ailleurs, une canne. Et un coup, on lève tous la canne ensemble, un coup on la fait glisser, tous ensemble, le long du cou, comme un archer sur les cordes d'un violon, un coup, on forme une ligne horizontale avec toutes les cannes, de temps en temps, le pied droit ou le pied gauche se transporte raisonnablement d'un pas en avant (soyons fous !) puis reprend sa place, et les têtes tournent et tournent. Tout ça avec le train en marche, ce qui explique peut-être que malgré l'extrême simplicité de la chorégraphie, la synchronisation est loin d'être parfaite.

USA/Arabia, la différence est là : synchronisation et audace. Bon, en même temps, pas facile de faire des pas largement chassés dans une tunique longue à la circonférence réduite. Il faudrait inventer les tuniques "pattes d'ef", histoire de permettre plus de liberté de mouvement. Fred Astaire et Gene Kelly dansaient en pantalon, quelle triche ! Trop fastoche !!! Et puis cette façon qu'ils avaient de sortir du lot ! Ma brave dame, a-t-on idée !???

Oui, je sais, je suis vilaine et on ne doit pas se moquer du folklore, des traditions, etc. Mais bon, ma mère m'a tellement fait chier avec ses "cheikhs" chantants et ses danses traditionnelles en rang d'oignons que je tiens là ma petite vengeance.

Imma, si tu m'entends, pardon !


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CORRESPONDANCES

L'unique photo de ma soeur aînée que je n'ai pas connue est en noir et blanc prise dans un studio de photographe. J'aime cette photo de Faouzya. L'autre photo qui parle d'elle, c'est celle de sa tombe à Meknès que j'ai prise moi-même à la demande de ma mère. Les tombes sont muettes effectivement, mais ce qui dit cette tombe, c'est l'amour que ma mère lui portait. Une tombe de nourrisson, bien finie, presque coquette, avec une plaque de marbre gravée. A l'époque, ce n'était pas dans la culture de la famille ce genre de monument funéraire. Toujours ce côté "avant-gardiste" de ma mère. Sur la photo, il y a des hommes assis autour de la tombe, des prieurs professionnels, ceux qui, pour quelques sous, récitent par coeur des versets du Coran, d'une voix nasillarde et dans un rythme d'autiste.

Je la regarde, la trouve belle et fine. J'adore son crâne pointu comme le sommet d'un oeuf. Je la regarde et je pense que je lui ai probablement volé sa place. Je me demande ce qu'elle serait devenue, quels auraient été ses choix de vie. Je la regarde et je me demande si elle et moi ça aurait été possible. Si elle avait survécu, je n'aurais pas vécu. Ma mère dans sa vie de galère n'aurait pas eu deux enfants. C'était elle ou moi, malgré moi, à cause d'elle peut-être...

Ses yeux sont immenses, son nez fin, sa bouche minutieusement dessinée, son front large. Elle est belle ma soeur.

Un après-midi alors que ma mère la tenait dans ses bras, un papillon noir a plongé droit sur elle et a frôlé sa joue. Quelques heures après, elle était morte, de mort subite. Ma mère a toujours été persuadée que ce papillon était un messager de mauvaise augure.

Il y avait une autre photo, celle de mon frère, Mohamed. La photo a disparu. Je me souviens de cette photo, minuscule. Ma mère disait qu'on l'a lui avait volé.e Je n'ai pas connu Mohamed non plus. Il est mort à moins d'un an comme notre soeur Faouzya. Il a vécu avant elle et l'a précédé dans la mort. Ils ne se sont pas connus. Etrangement, ma mère ne se souvenait plus de l'endroit où il avait été enterré.

Quelques mois après le décès de ma mère, j'ai écrit une lettre remplie de questions à ma famille. Dans ma liste, je demandais notamment où se trouvait Mohamed. Je n'ai jamais eu de réponse à ce courrier. Depuis, je n'ai plus de famille au Maroc. J'ai coupé définitivement les ponts.


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DRAME DE MA SUPERFICIALITE

Demi Moore ne se ressemble plus. Elle est de plus en plus belle.

DEMI_MOORE

Mon drame, c'est que je me ressemble toujours.

Et que ça fait un moment que ça dure.
Non, c'est plus grave que ça, ça empire...
Je me laisse aller, je me laisse aller.
Je pourrais essayer d'être un peu plus féminine.
Enfin, comme dans les magazines.
Juste une fois.
Je m'en fous, non je ne m'en fous pas.
Non, je ne suis pas comme les Craquinettes.
Non, mon meilleur n'est pas à l'intérieur.
A l'extérieur non plus.
Bah, faut que je cherche un truc.
C'est nul d'être dans la moyenne.
Non, c'est nul d'être moyenne.
Non, c'est nul d'être banale.
Je m'en fous, mais NON, je ne m'en fous pas.
J'aimerais ne pas me voir me décomposer.
Encore une histoire d'échéance...

Sur ma tombe sera gravé : "Aurait pu mieux faire !"


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19 novembre 2009

ECHEANCE

Cet après-midi encore, j'ai rempli des brouettes entières pour déplacer un tas de gravier. J'ai regardé tous ces petits cailloux et j'ai pensé que ce tas, c'était l'infini, que je n'en finirai jamais car il resterait toujours un petit caillou, au moins un, qui aurait échappé à mon regard, par hasard ou filouterie, par complicité du sable qui l'aurait camouflé. L'éternité, c'est ces petits cailloux gris et durs. Impossible de les compter, du moins à quoi bon. J'ai pensé que dans ce tas de gravier, il y avait plus de cailloux que d'années au restant de ma vie. Mais j'ai pensé aussi qu'après le dernier souffle de vie, il y avait peut-être encore un souffle, un souffle caché comme le dernier petit caillou.

Combien de jours encore ? Je ne sais pas ce qui est le pire, connaître son échéance ou l'ignorer tout en tentant chaque jour de la repousser, d'une manière ou d'une autre.

Je n'ai pas la sagesse de ma mère sur son lit d'hôpital. Elle avait bien compris qu'il n'était pas normal qu'on la garde si longtemps, qu'on lui fasse autant d'examens.

- "Benti, je veux savoir. Tu dois me dire la vérité."

- "C'est un cancer généralisé Imma."

- "Ne pleure pas, tout le monde meurt, tout le monde a son heure. Il y en a qui meurt à la naissance, d'autres à 7 ans et d'autres qui vivent 100 ans. Moi, c'est maintenant. Je n'ai pas peur Benti. C'est normal."

Et puis, il y a eu de plus en plus de morphine, une pompe automatique, et des rires, des caprices, des envies, pire de l'espoir. Et puis, l'oubli, l'amnésie :

- "Ils ont dit que j'avais quoi ?"

- "Tu sais bien Imma, c'est pour ton dos. Il leur faut du temps pour te remettre en forme."

- "Ah oui, c'est vrai. Ils sont gentils."

Et puis un jour, une ambulance direction une maison de soins palliatifs. Sur la civière, j'ai vu une larme couler sur sa joue. J'ai su qu'elle savait, j'ai vu son étincelle de conscience, sa tristesse, son refus, son désespoir. Je l'ai vue faire semblant d'être dupe de mes sourires et de mes mots rassurants.

Sa dernière nuit fut très agitée aux dires des infirmières.  Une voix au téléphone m'a annoncé au matin qu'elle était décédée après être tombée dans le coma. J'étais en colère. Je l'avais quittée la veille au soir en disant "A demain". Elle ne m'avait pas répondu. Elle s'était endormie. J'allais partir lorsqu'elle se mit à tousser. Un morceau de mangue sortit de sa bouche. Le jour d'avant, je lui avais fait mangé de ce fruit. Je ressentis une peur rétro-active, la peur qu'elle ne s'étouffe. Je décidai de faire plus attention désormais. Mais désormais devint jamais...

Je ne saurai jamais si cette nuit tourmentée était la manifestation du refus de mourir ou de ses angoisses éternelles qui jusqu'au bout ne l'auront pas épargnée.

Elle n'a reposé en paix que grâce à la morphine... Je ne sais pas où elle est, je ne sais toujours pas.

Petite, la mort me rassurait. Je passais mon temps à compter, à faire le dos rond. La mort, c'était la fin de la douleur, du cauchemar de la vie. Je pense encore souvent ainsi. Mais la mort aussi est douloureuse, le cauchemar de l'infini.


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18 novembre 2009

NON-EVOLUTION

Des japonais ont trouvé des cœlacanthes.

Les chercheurs se demandent pourquoi ce poisson n'a pas évolué.

La réponse me paraît évidente, il est content de lui !

Etre bien dans sa peau, c'est remarquable, non ?


17 novembre 2009

CULPABILITE ETHNIQUE

Les images des scènes de vandalisme par des supporters algériens à Marseille après le match Egypte-Algérie font une irruption violente sur l'écran de la télévision du salon. Moon est révolté. Confortablement allongé sur le canapé, sa colère l'oblige à se relever. Il est maintenant assis, me lance un regard et une terrible question :

"T'en as pas marre des fois d'être arabe ?"

Je tente de dédramatiser et lui réponds avec un rire forcé :

"Ben non, je suis berbère !"

Il insiste et je sais que la question le taraude, le ronge. Je dois répondre, prendre le temps de lui expliquer, ne pas le laisser tomber dans le piège dans lequel durant mon adolescence j'étais moi-même tombée et dont je ne suis sortie qu'après une longue réflexion, une prise de recul, de détachement, d'indépendance.

J'en étais moi aussi arrivée à vouloir que les arabes, pour être plus juste, les maghrébins de France, donnent une image parfaite, idéale, irréprochable. J'en avais marre d'entendre au moindre fait divers des commentaires "Ben voyons, c'est encore des arabes." J'en voulais à ceux qui ne se tenaient pas à carreau, qui entachaient notre réputation. Ras-le-bol de sentir une culpabilité injustifiée et d'entendre lorsque je "plaidais" notre cause en me prenant prétentieusement comme exemple : "Oui, mais toi, ce n'est pas pareil."

J'ai détesté les arabes, j'ai détesté être arabe. J'étais engluée dans la toile du racisme.

Un reportage sur les banlieues irlandaises, leurs problèmes sociaux et de délinquance, me fit comprendre que les mêmes causes produisaient les mêmes  effets (même si je les refusais comme excuse) et que contrairement à ce qu'on voulait me faire croire, il n'y avait aucun rapport avec l'origine ethnique.

Expliquer à Moon que la violence et la bêtise n'ont pas de nationalité, qu'il n'a pas à se sentir impliqué, "complice" malgré lui de ces personnes, du fait qu'ils ont la même origine que lui, c'était comme me parler à moi-même, au même âge.

Le désir d'intégration, les efforts déployés par des millions d'immigrés pour y parvenir par le travail, la tolérance, la discrétion, ne peuvent et ne doivent pas être niés par les agissements irresponsables de quelques-uns.

Je n'aime pas user d'arguments "extrémistes" mais je lui ai posé  notamment la question suivante : "Quand les belges ont découvert les horribles affaires de pédophilie dans leur pays, crois-tu qu'un seul d'entre eux a eu honte d'être belge ?"

Je me demande quand nous arriverons à nous défaire de ce schéma de culpabilité. Un arabe qui vole est un voleur, un arabe qui casse est un casseur. Pour ma part, il y a bien longtemps que la distance est prise et que je m'identifie aux autres en fonction de leurs actes et non de leur origine ethnique.

Combien de temps encore nous faudra-t-il pour aller au-delà de ces catégorisations ?

Il faut dire qu'il n'y a pas plus raciste qu'un arabe vis-à-vis d'un arabe. Chaque jour, Moon rentre de l'école en me rapportant les propos de tel ou tel prof qui n'a pu s'empêcher d'insulter les arabes en général.


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16 novembre 2009

ALERTE AU NUTELLA !

Un correspondant spécial, non homologué AFP, mais source sûre tout de même, et soucieux de garder son anonymat, nous a déclaré à l'oreille, l'information étant explosive, que la semaine dernière, à l'aéroport international de Paris-Orly, où il se trouvait pour des raisons qui ne regardent personne, une famille d'origine mauricienne a tenté, sans vergogne, de faire passer, à la barbe des douaniers, lors du contrôle des bagages de cabine, 3 kilos, c'est ENORME, de Nutella, dissimulés dans des pots "individuels" d'une capacité de contenance d'1 kilo chacun.

Les trafiquants étaient probablement des amateurs à leur premier coup, car ils avaient effectivement très mal préparé leur affaire, n'ayant même pas pris la peine de s'informer avant sur les procédures de fouille ou le soin d'essayer de dissimuler, d'une façon ou d'une autre, les produits non autorisés en l'air, donc illicites.

A la saisie des
3 ENORMES kilos de Nutella, les malfaiteurs, un couple de personnes âgées, n'ont eu aucun scrupule à tenter d'amadouer les douaniers, osant même aller jusqu'à tenter de les apitoyer par une histoire de promesse faite à leurs petits-enfants restés à l'Ile Maurice, et de coût de la vie locale, et de chèreté de certains produits sur place, et de et de... Ils ont même failli réussir !

Dans ce genre de situation, la règle est claire : saisir le produit interdit pour destruction ultérieure (par mesure de sécurité suprême même, aucun objet ou produit saisi n'est épargné, et aucune association ne peut bénéficier de toutes ces saisies).

Une enquête a été diligentée. Pour des raisons encore indéterminées par les enquêteurs à ce jour, ce couple mauricien a bénéficié d'une bienveillance et d'une indulgence anormales.  Non seulement, les produits n'ont pas été saisis mais ils ont même été restitués aux accompagnateurs du couple qui s'apprêtaient à repartir à leur domicile par le RER.

Le même jour, sur le même vol, une dame s'est vu refusé l'exportation de deux énormes camemberts.

Tout le monde sait que les enfants préfèrent le Nutella au Camembert...

Ah s'il suffisait de se coller une étiquette de Nutella sur le front pour ne pas être chartérisé !


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15 novembre 2009

LES DIEUX SONT TOMBES SUR LA TETE

Ma mère est morte le vendredi 1er mars 2003. A la station de métro Alésia, des touristes japonais peinaient à s'acheter des tickets au distributeur. Une toute petite pancarte plaquée à la vitre du guichet indiquait que ce dernier était désormais réservé aux informations. Je me souviens avoir pensé, qu'une fois encore, ma mère s'était montrée très intelligente. Elle était partie avant de ne pas pouvoir faire face seule. J'eus un horrible sentiment de soulagement mélangé à une peur rétro-active stupide. Je m'inquiétais l'imaginant seule face à toutes ces machines.

Son homme de confiance, c'était moi, dès que je sus lire et écrire. Courrier à la famille, formulaires à remplir, factures à payer, mandats internationaux, etc. Elle ne savait ni lire ni écrire mais elle avait sa signature, pas une croix, une vraie signature., comme tout le monde. C'était un semblant de lettres arabes, un premier trait, comme un ruban avec une boucle au centre, souligné par une ligne courbe. Elle finissait toujours par la pose de deux points sur la boucle du noeud. Elle s'appliquait. En son absence, en cas de besoin, j'imitais sa signature, mais jamais en sa présence. Elle voulait signer.

Elle avait des tas de ruses pour cacher son illettrisme, elle en riait, elle en pleurait plus souvent. Lorsqu'elle faisait ses courses par exemple, elle retirait ses lunettes, et interpelait quelqu'un, lui demandant d'avoir la gentillesse de lire les étiquettes pour elle, prétextant ne pas voir clair.

Dans le métro, elle avait retenu certaines plaques par coeur ou certains décors de station. Lorsque nous étions ensemble, elle ne pouvait s'empêcher de dire tout haut : "Ah, ça y est, c'est Châtelet, on descend." en ayant pris soin d'appuyer son regard sur les plaques de la station, juste pour faire croire que...

La station Alésia était sa fierté car c'était une station comme beaucoup d'autres, seul le nom sur la plaque pouvait lui servir de repère les premières fois où elle venait me rendre visite dans mon nouveau chez moi. ""Alésia", c'est facile, il y a la même lettre au début et à la fin. Et puis c'est un nom que j'aime bien. Je le connais, ça y est !"

Bien sûr, la plupart du temps, elle utilisait le système du comptage.

Je rêvais de partir à l'étranger, voir le monde, mais elle n'avait que moi. Elle se mettait en colère quand maladroitement je lui rappelais cette dépendance : "Non, mais qu'est-ce que tu crois, pour qui tu te prends ? C'est toi qui m'a ramenée en France ? Et quand t'étais toute petite, je me suis débrouillée sans toi. Je ne t'empêche pas de partir. Parce que tu crois que c'est toi qui as quelque chose à m'apprendre ?"

Elle avait raison. Ses tonnes et ses tonnes d'intelligence, de filouterie, de courage et d'audace, de gentillesse l'auraient amenée n'importe où là où elle aurait voulu aller. Mieux qu'un alphabet, de la volonté et de la ténacité, un sens de l'adaptation à toute épreuve.

Mon installation à l'étranger fut "déculpabilisée" grâce à l'informatisation des modes de paiement, les prélèvements automatiques. J'organisai tout de sorte qu'elle n'ait rien d'urgent à traiter entre deux de mes visites. Le téléphone servait de cordon ombilical.

Aujourd'hui, je peine avec la réception satellite de la télévision, me décourage devant mon PC face à certaines opérations. Comme tout le monde, ma tête est assaillie de codes, j'écoute des solutions à des problèmes pré-conçus lorsque je compose un numéro vert, je tape sur des dièses et des étoiles ne serait-ce que pour appeler un taxi, mon billet d'avion se résume à une référence obtenue sur le Net.

Ma mère paniquait à l'idée qu'un digicode soit installé à la porte de son immeuble. Lorsqu'elle venait chez moi, elle attendait que quelqu'un entre ou sorte pour se faufiler. Oui, "les dieux sont tombés sur la tête", oui ce monde est si compliqué et impersonnel que les enfants doivent passer des années à l'école juste pour apprendre à s'y orienter.

Souvent, j'espère partir comme ma mère, juste avant que je ne comprenne plus. L'échéance ne me semble pas si lointaine.


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14 novembre 2009

UN PETIT BLANC

A ma génération, on a dit : "La première lame tire le poil et la seconde le coupe avant qu'il ne se rétracte". Aujourd'hui, y a 4 lames, but nobody knows ce que font les deux dernières. Je crois que ça doit arracher la gueule, d'où le look barbe de 3 jours très à la mode ces derniers temps.

En fait, le truc que je n'ai jamais osé demandé à un mec, c'est de se faire la barbe à la crème dépilatoire, juste pour voir.

Puisque ce blog est un "journal intime", je me dois de parler de la catastrophe du jour. J'ai découvert un poil blanc dans mon pubis !!! C'est le début de la fin... Je ne vais quand même pas me faire des colorations à la foufounette. Comment elles font les autres ? Je n'ai jamais rien lu à ce sujet dans les magazines féminins. Pourquoi personne ne s'intéresse au sujet ? Juste une question de cohérence. Une chevelure brune et une foufounette blanche, ça donne un genre, ouais, un genre vieille. Le poivre et sel "What else", c'est exclu masculin...

En ce qui concerne Schwartzkopf, je comprends, tout est dans le nom, ils ne font que la tête, dont la mienne. Mais les autres ? Ils sont bien gentils avec leur "Prends soin de toi". L'Oréal, je ne vaux plus rien, j'ai trouvé un poil blanc ce matin... un lapin a tué un chasseur. Un poil, c'est vachement plus grave qu'un cheveu !!!

M'en fous, je me paierai une foufoune de luxe, teintée bio "Martine Mahé" parce qu'il est hors de question de faire une épilation intégrale. On ne rase pas une forêt à cause d'un seul arbre, même si un seul arbre suffit à gâcher la forêt. Je devrais plutôt parler de "jardin" d'ailleurs, à la française même ! C'est Missiou Besson qui va être content !

Je déconne, pas tant que ça, mais je déconne quand même.

Aucun rapport -  enfin si, parce que là tout de suite, j'ai pensé à la solution henné - aucun rapport donc, mais là tout de suite, j'ai Guillaume Durand en tête. Je l'adore mais c'est quoi cette couleur de cheveux à la con ?


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C'EST BEAU LA CELEBRITE

Robert Pattinson, je le croise dans le métro,
je ne me retourne même pas,
lui non plus d'ailleurs.

Si j'étais célèbre, je serais super belle, bonne nouvelle !


Posté par madpuzzle à 19:07 - Mad Pensée du Jour - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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